Compte-rendu sur le Paris – 5 et 6 septembre 2007

FESTIVAL INTERNATIONAL POUR LA PAIX - 2ème partie

 

   

Dans le cadre du festival, le 5 en fin d’après-midi, des jeunes de l’association « Service for Peace » ont aussi organisé des activités sportives avec la communauté sikh de Bobigny.

Le Dr Hyun Jin Moon est arrivé à Paris le lendemain 6 septembre, à midi. Dès 14 heures, il était reçu par le Dr Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris depuis 1992. la délégation FPU comprenait le Dr Hyun Jin Moon, le Dr Thomas Walsh, le rabbin Joseph Abitttan et quelques autres personnes. Accueillant ses hôtes chaleureusement, le Dr Boubakeur a exprimé sa surprise de voir le rabbin : « Nous sommes des amis d’enfance, s’est-il écrié. Alors tu es aussi avec cette organisation de la FPU, cher ami ? »

- J’en suis ambassadeur de paix, mon cher » a fièrement répondu le rabbin Abittan.

Boubakeur a exprimé son sincère désir de voir l’islam écarter la violence et donner l’image d’une religion de paix. Il a salué les activités de la FPU présentées par le Dr Walsh, particulièrement l’initiative de paix au Proche-Orient Les tensions dans cette région ont de fortes répercussions en France, pays qui accueille la plus grande communauté musulman d’Europe occidentale, et dont 1% de la population environ est israélite.

« Il faut pouvoir donner en premier, et donner de bon cœur, a lancé Boubakeur. Si les Palestiniens sont prêts à donner quelque chose, leurs frères et sœurs juifs seront émus et afficheront en retour leur bonne volonté. » Le Dr Hyun Jin Moon a écouté très attentivement et répondu : « Cette pratique dont vous parlez, mon père l’appelle l’amour vrai, ou la voie du Père céleste. L’amour vrai peut aller jusqu’à aimer son ennemi. De plus, on doit pratiquer un amour qui transcende nos croyances, et s’enracine dans le rêve originel de Dieu au temps de la Création, avant la chute. »

« Vous êtes le nouveau Jean Chrysostome (Saint Jean Bouche d’Or), a rétorqué Boubakeur. Votre parole est d’or pour les dirigeants religieux. Il y a peu, le Dalaï Lama était assis là. L’Asie et les Asiatiques nous apprennent beaucoup. Nous, les occidentaux, et je parle aussi pour les peuples abrahamiques, sommes parfois trop émotifs et passionnels ; on doit apprendre de l’Asie, où la spiritualité est plus sereine, paisible et patiente. » Des photos ont été prises et le recteur à réitéré son désir de faire œuvre commune avec la FPU.

Une soixantaine de personnes ont alors participé au colloque du restaurant de la mosquée, sur le thème « Spiritualité et développement humain ». Le rabbin Abittan a situé les bases du développement humain, dans l’alliance entre Dieu et l’homme. « Pourquoi Dieu a-t-Il créé l’être humain ? Pourquoi un être absolu tel que Dieu créerait-Il l’homme, alors qu’Il avait déjà les anges ? C’est qu’Il voulait un partenaire, et un partenaire à qui est donné le libre arbitre et la responsabilité. »

Créer l’homme en tant que partenaire était le risque de la Création, a ajouté Abittan, précisant que l’homme ne peut se développer que par une alliance avec la volonté de Dieu où le libre-arbitre va de pair avec la loyauté et l’obéissance. Soucieux d’embrasser chaleureusement les autres fois, il a aussi cité le Coran plusieurs fois en arabe.

L’ambassadeur Pierre Lafrance a ensuite pris la parole, au nom du christianisme, soulignant la différence entre la croyance et la foi. « Les dogmes et les rituels diffèrent de la foi. La foi permet la croissance spirituelle et le développement humain, le dogme étouffe la personnalité. Quand la foi s’exprime dans des postures dogmatiques, nous sommes portés à des attitudes péremptoires et exclusives, mais la vraie foi vise l’universalité. Les religions se dressent alors les unes contre les autres. Mais si une vraie foi et une authentique spiritualité nous anime, nous pouvons reconnaître la valeur des autre traditions. Des chrétiens comme moi peuvent apprendre beaucoup du bouddhisme, du judaïsme, de l’islam. » Et l’ancien conseiller de l’Institut du monde arabe de citer plusieurs fois le Coran en arabe.

Le Dr Mohamed Mestiri dirige, en France, l’Institut International de la Pensée islamique (www.iiitfrance.net). « Aujourd’hui, a-t-il dit, nous évoquons le rôle de la spiritualité dans le développement. Je dois dire que nous n’avons pas souvent l’occasion de partager notre spiritualité, c’est encouragent de pouvoir le faire ici aujourd’hui. La spiritualité touche à l’intime, au personnel. Mais beaucoup confondent la spiritualité et la religion institutionnelle. La religion est parfois instrumentalisée pour défendre son identité, c’est une déviation. Dans l’islam, l’âme s’élève graduellement de la simple croyance à une forme élevée d’union mystique avec le divin. Tâchons d’encourager ce sens de l’élévation. »

Après avoir écouté attentivement les trois orateurs, le Dr Moon dans un discours impromptu, a ensuite évoqué le rêve originel de Dieu, commentant le livre de la  Genèse et les trois Bénédictions : « soyez féconds, multipliez, soumettez la terre. Il a parlé brièvement et tous les participants ont ensuite été invités à se rendre à l’Hôtel Marriott où l’événement principal était programmé pour commencer vers 18 heures. 

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